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 Curieux de savoir quelle est la capitale de la Rhéodie, qui fut le dernier Empereur de Nil-Armon, ou comment on dit "ratatouille" en caramène, en elmarique ou en sumadien ? Ou simplement envie de me dire quelque chose ? Le Carame est là pour vous aider à me contacter :

  

 

Samedi 17 juin 2006

- L’alphabet aevin de Narel : Quand Narel devint Reine des Aevines, la civilisation de sa tribu fut adoptée par tout le peuple des Airs ; cela comprend la langue, aujourd’hui utilisée par tous les Aevins, et l’écriture qui la note et qui a supplanté tous les autres systèmes utilisés auparavant. Narel étant de souche nordique ( ce qui est, d’ailleurs, à l’origine de la longue suprématie des Aevines blondes sur les Aevines noires ), elle utilisait une écriture proche du Premier Alphabet ci-dessus. Encore aujourd’hui, on peut retrouver dans l’Alphabet de Narel chacun des 22 signes du Premier Alphabet, à part le k qui a disparu, et malgré quelques modifications, comme l’introduction de « clés de catégories » permettant de classer les consonnes par groupe. On retrouve ainsi la clé « t » dans le dessin des lettres d et th, la clé «p» dans le b et le ph, et la clé « g » dans le ch, cela pour signifier que ces lettres fonctionnent ensemble.

L’ordre alphabétique de l’aevin est celui-ci :

ae   u   a   e   ü  i   o   m   t   d   th   q   r  g   ch   b   p   ph z   j   s   n   l  

 

Cet ordre se veut logique : il sépare les voyelles et les consonnes, et classe les lettres par groupes de dérivation. Les voyelles sont ainsi divisées en trois groupes, 1, 2 et 3, la règle étant qu’au pluriel, chaque lettre se transforme en sa correspondante dans le groupe suivant : ae devient e, u devient ü, a et e deviennent i, ü devient o, et i et o ne changent pas. Les consonnes portant la même clé de catégorie ont été classées ensemble, et le j et le s ont été rangés après le z dont ils peuvent facilement dérivés. L’ordre ne rappelle donc plus que de très loin celui de l’aevin primitif, et il faut beaucoup de volonté pour y retrouver les traces de la phrase originelle sur le soleil et le feu. 

            A noter que trois voyelles, une du groupe 2, ü, et les deux du groupe 3, i et o, ne proviennent pas de l’aevin primitif mais ont été introduites ensuite. Ü est dérivée de u, et i et o, qui sont des voyelles très faibles, ne sont notées que par des accents au-dessus des consonnes.

 

L’alphabet de Narel s’écrit de droite à gauche, en essayant, si l’on est droitier, de ne pas trop faire baver ce qu’on vient d’écrire en passant la main dessus.

Mardi 7 février 2006
Les premiers à inventer l’écriture sur la planète ont été très vraisemblablement les Aevins, et c’est de leurs systèmes que sont tirés tous les systèmes existant aujourd’hui ( à l’exception du système elmarique, et de l’Alphabet de Wilmer, créés de manière indépendante ).
La première écriture aevine semble dater d’environ 3600 avant Alima : c’est un système de pictogrammes ( chaque dessin représentant une chose ) assez peu élaboré. Par la suite, il s’est complexifié et diversifié en divers systèmes d’idéogrammes qui se sont répandus dans toute la Fluorie. L’alphabet, lui, semble être une invention nordique : elle s’est produite quand une tribu d’Aevins a eu pour la première fois l’idée d’utiliser les dessins pour représenter non pas la chose, mais un son du mot correspondant. Par la suite, différents alphabets se sont créés, les uns directement dérivés de ce système nordique, les autres imitant le même principe mais en l’adoptant à la langue du peuple concerné ( qu’il soit des Airs ou des Terres, les humains terrestres n’ayant pas tardé à emprunter aux Aevins cette invention géniale ).

 

- Le premier alphabet : il n’existe plus aujourd’hui aucune trace de ce système primitif, qui n’a peut-être jamais existé en tant que tel, et que l’on reconstitue d’après les diverses écritures aevines qui en ont dérivé. Il daterait d’environ 2000 avant Alima, mais rien de sûr quant à la date. Son importance est fondamentale, car il est à l’origine de l’immense majorité des écritures de Dévaris, de Fluorie et de Mintrallina, et il a influencé de façon déterminante les écritures issues d’autres sources.
            L’alphabet est né quand on a commencé à utiliser des signes pour représenter non plus le mot entier, un de ses homonymes ou même une de ses syllabes, mais un seul son, généralement le premier du mot concerné. A l’origine, il semble que les signes utilisés aient été infiniment plus nombreux, et qu’aucune règle n’ait régi l’emploi de tel ou tel dans chaque cas ; mais en fait, l’alphabet s’est très vite figé en une liste immuable de 22 signes constituant le répertoire fondamental. Ces signes représentent, dans l’ordre :
un Aevin, une main, des jambes, le soleil, un poisson, une barrière de bois, un oiseau, des bras, une tête, la terre, une montagne, un homme terrestre, un nuage, le feu, le ciel, un arbre couvert de feuilles, un bœuf; un arbre dénudé, le sommeil ( représenté par un Aevin endormi, les ailes repliées ), un arc, une aile, l’eau.
Ce qui, d’après ce qu’on a pu reconstituer de la langue parlée par cette peuplade, se lisait à l’époque : aephu, kala, ume, maqiyay, tama, qaya, amin, jimi, rim, golal, dalma, igaa, bouh, hadou, zaii, nommi, pog, san, feiza, chak, thamz, lillei, et représentait les sons :
 
ae   k   u   m   t   q   a   j   r   g   d   i   b   h   z   n  p   s   f   ch   th   l
 
On s’est interminablement interrogé sur le pourquoi de cet ordre, apparemment fixé une bonne fois pour toutes et n’ayant jamais été modifié. Les Aevines protégeaient farouchement leurs archives, et rien de ce qu’on savait d’elles n’éclairait le moins du monde ce problème. La réponse semble être venue très récemment, quand on a pu étudier la langue d’une peuplade humaine fluorie dont la langue semblait dériver directement de cette langue primitive, et reconstituer ladite langue. On s’est alors aperçu que l’alphabet formait en fait une phrase :           
                        aeku maqiya’t qaj rigad i bouh, hadou zainu pasan fichath lillei
 
signifiant approximativement « un nuage peut cacher le plus brillant soleil, et l’eau éteint le feu dévoreur ». ...Sagesse immortelle des siècles...
Plus que cette remarquable maxime elle-même, c’est la façon dont elle se lit qui est intéressante, car cette espèce de pangramme avant la lettre témoigne d’une façon ancienne d’écrire : les quatre signes ( le soleil, le nuage, le feu et l’eau ) correspondant aux quatre angles de l’argumentation se lisent comme des idéogrammes ; d’autres ( le ciel, l’arbre dénudé ) s’y lisent comme signes-syllabes zai et san ; les autres sont utilisées comme signes-sons. Par ailleurs, l ’écriture est très abrégée, ce qui est normal car un alphabet est censé ne posséder chaque lettre qu’en un exemplaire, mais témoigne aussi probablement d’une façon habituelle d’écrire à l’époque.
Dimanche 15 janvier 2006
Le tableau des principales familles de langues humaines ( on n'est pas allé s'embrouiller avec les parlers aevins, ondins, carames ou silédiques ) est consultable  ici.

Désolée pour le déplacement, mais il ne tenait pas dans le classeur...
Vendredi 13 janvier 2006
( famille de l'elmarique, du nimite, du sumadien, du mengalien )
 
AA : « eau », en général. En nimite cependant, où la vision du monde est caractérisée par l’omniprésence de l’eau ( voir le nom même du soleil, Astaril ), éo a pris le sens de « lumière » ( qui coule comme une eau ) et Myréo, la lumière d’or, est le « crépuscule ».
 
ASTA : Il semble qu’Asta eût été le nom de la rivière qui coulait le Pridon, nom dont la signification est à présent oubliée. Mais après l’exode, le mot a fini par devenir un nom général pour toutes les rivières ( asta devenu a’da, puis ead en elmarique ; en nimite, le mot n’a pas évolué ). Ensuite, il s’est inséré dans divers composés plus ou moins éloignés du sens original : astaril, « rivière de pierre » ( devenu adril en elmarique ) est le « cristal » et même, en nimite, le « soleil » ( cristal du ciel dans la vision nimite du monde ).
 
ENDAM : « homme », à l’origine individu de sexe masculin. En sumadien, où -am est une terminaison de féminin, le mot est devenu enden, et son féminin tandam signifie « femme ». La racine -nd- présente dans les deux se retrouve dans près de la moitié des noms de personnes comme Vendo, Sendo, Katendo ( ou Katno ). En pridonien, endeam a donné neam en elmarique ( féminin neimi ) et n’im en nimite ( féminin n’mo ).
 
KE : racine rattachée à la notion de possession : « avoir » est geano en elmarique, k’im en nimite, gelne en sumadien.
 
GA : racine de négation. « Non » : gai en elmarique, ki en nimite, age en sumadien, ga’y en nomade de Jamin.
 
LAMAI : idée de beauté : « beau » se dit lay en sumadien ( alia en mengalien ) et lomei en elmarique ( où c’est également le nom du dernier mois de l’année ).
 
LAATH : « être vivant », hommes et animaux confondus ( il est probable que la vision pridonienne du monde ne faisait guère de différence ). Le mot a pris en elmarique le sens d’« être intelligent »( leatha, à l’origine du caramène ), tandis qu’en nimite ( l’id ) il a pris celui d’« animal ». On retrouve la racine en sumadien dans le suffixe -ld- présent dans l’autre moitié des noms de personnes comme Eldo, Meldo, Hermelda et ainsi de suite. 
 
MENTH : à l’origine le « maître » ; le mot ne se retrouve guère en pridonien, mais mand est « le roi » en sumadien ( men en mengalien, au féminin menxa « la reine » ) et menneg ( avec la racine de possession -ke- adoucie en -g- ) le « maître » ( celui qui possède et règne sur un domaine : le titre du roi de l’oasis était autrefois menneg límin fergini, Maître des Eaux et des Champs ).
Dimanche 13 novembre 2005

BEL : originellement, désigne tout ce qui pointe en avant. En arrivant en Mintrallina Nord, le mot a pris le sens de « montagne » ; balmi ( bel-mi, « petite montagne » ) est une « colline » en cardame. En armonite, on retrouve bell, « en avant » dans des prénoms comme Beldan ou Balya, et aussi ( avec le sens de « premier » ) dans le mois de Beiwan, le premier de l’année armonite. Le mot vobol, « tête » en keroni, est sans doute à rattacher à la même racine.

 

EDDE : « État », dans le sens de territoire régi par un gouvernement. Pour les Keronis, un État est essentiellement fait pour faire la guerre aux autres États. En cardame, edda a pris le sens de « cité » ( d’où des noms de villes comme Galmeda, Lorgeda, Fornyda ), et c’est son dérivé edden qui a repris le sens de « territoire » ; ygdo, de yg edda « ville de mer », signifie « port ». En armonite, le mot a donné dye, que l’on retrouve dans le nom de Wardii, et eiden dans Eidenthwe, un des six jours de la semaine ( caramène Itadia ).   Par ailleurs,  de nombreux  noms de  villes du sud  de  Dévaris se terminent par ‑ettia.

 

GWATH : « passage », « passer ». On retrouve le mot dans le nom du col de Magweth et dans le verbe wostan gwadhe, « traverser », d’où dérive le mot wahar, « gué » ( dans le nom du village de Silvare ).

 

LEOD : racine à la base de verbes signifiant « se déplacer », « errer ». L’errance est très mal vue chez les Keronis, conservateurs s’il en est, qui méprisent les peuples nomades et révèrent la stabilité comme une qualité suprême ; et il est étonnant qu’un prénom marien, Lédo, soit issu de cette racine. La racine a aussi pu prendre le sens de « aller », que gardent les verbes leahe en armonite classique et lédo en caramène.

 

(N)LIN : « terre », dans le sens de « pays appartenant à un peuple ». Notion importante chez les Keronis, très patriotes, ce qui ne les empêche pas de ne guère respecter la terre des voisins quand il s’agit de conquérir et de coloniser. La racine se retrouve dans divers noms de lieux, comme la planète Limmaraía ( qui est un mot à moitié keroni et à moitié agami ), le continent Mintrallina, le village caramène de Liméa ( aujourd’hui Limaouna ), etc.

 

MADE : « pierre ». Pas de symbolique particulière, mais made gan, « pierre posée » ( d’où dérive le nom de Malgana ) a pris le sens de « colonie ». On retrouve la racine dans le nom du col de Magweth, le passage de pierre.

 

MWARL : « cheval », la plus belle conquête de l’homme. Le nom de l’état de Wardii signifie « terre des chevaux » ; de la forme cardame, marh, sont issus de nombreux prénoms. Ygmar, « cheval de mer », signifie « bateau » en cardame ( et non « hippocampe » comme on pourrait le croire ).

 

NDO : « nom ». Dans la civilisation keronie primitive, un homme est entièrement défini par son nom, qui indique à la fois sa propre identité et la lignée dont il provient. Votre honneur, votre histoire, etc, sont entièrement attachés à votre nom, d’où le fait que le mot ndo a pu prendre ensuite la signification de « homme » ( anda en caramène ). Les Mariens, qui en étant colonisés par les Agamis avaient perdu une bonne part de leur civilisation keronie, n’attachaient plus autant d’importance au nom ( qui, d’ailleurs, ne se transmettait pas de père en fils chez les Mariens ), mais le prénom Andéo, qui signifie « sans nom », gardait une bonne part de son sens péjoratif et désignait souvent les bâtards.

 

NEN : « homme » ( c’est-à-dire individu de sexe masculin, avec toutes les qualités viriles et guerrières qui s’y rattachent ; la notion d’« être humain » correspond à la racine FANN ). Ces messieurs keronis ont toujours semblé satisfaits à l’extrême de leur mâle condition, à en juger par divers noms et surnoms fort prisés commme Fornen, Wekhnen, Nesdor, etc.

 

SEI : « eau », dans le sens d’eau courante ( dans les rivières, les fleuves et la pluie ). Essentiellement faite pour la navigation. On retrouve pourtant la racine dans le mot plus poétique de siranévina, « soleil d’eau », nom d’une fleur aquatique et également prénom féminin, ainsi que dans les noms de Sépho « pêcheur » et de Sélondo « gué ».

 

YG : désigne la « mer » et toutes eaux stagnantes, surtout en nord-mintral ( où le mot se cache dans des composés comme ygma/íma, « la mer », ygdo/ído « le port », ygmar/almar « le bateau » )

 

ZEL : « saule », « arbre ». Sans signification particulière pour les Keronis qui ne sont pas des poètes. Le mot est réduit à se cacher dans les prénoms féminins, comme Zilma, ou dans les toponymes comme Silvare, « le gué aux saules ».


Vois aussi : la civilisation keronie


 
 
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