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 Curieux de savoir quelle est la capitale de la Rhéodie, qui fut le dernier Empereur de Nil-Armon, ou comment on dit "ratatouille" en caramène, en elmarique ou en sumadien ? Ou simplement envie de me dire quelque chose ? Le Carame est là pour vous aider à me contacter :

  

 

Samedi 1 juillet 2006

Voir également : la civilisation agamie


Pendant tout le temps qu'a duré leur Empire en Dévaris, la religion polythéiste des Agamis a joué un grand rôle dans leur vie, étant au centre de l'organisation politique et sociale. Plus tard, leurs descendants dans les îles Famur ont perdu cette foi fondamentale en les dieux mais ont gardé un respect formel strict des rites pendant plusieurs siècles ; en fait, plus ou moins jusqu'au moment où le développement scientifique rapide a rendu caduque l'idée que le Soleil puisse être une déesse passant son temps libre à tourner autour de la terre.

            La mythologie agamie, puis famure, présente cette particularité qu’elle est complètement intégrée au système de castes ( qui remonte à la plus haute antiquité ). Chaque caste a ses dieux particuliers ; les prêtres ne forment pas une caste à part, mais sont intégrés à l’intérieur de chaque ; il est interdit à un fidèle d’honorer les dieux d’une caste supérieure ( il n’en est pas digne ) et personne ne s’abaisserait à rendre un culte à ceux de caste inférieure.

 
Il existe dix Dieux principaux, soit deux par caste, organisés comme de juste en une généalogie à la limite de l’inceste ( on sait que ce n’est pas ce genre de détail qui gêne les divinités ). Les voici :


Anthu est le Père Céleste, le Dieu Créateur du monde, des hommes et des autres dieux. Il est le dieu du Ciel, et, naturellement, celui de la Cinquième Caste ( l’élite suprême et la noblesse ). Sa représentation est celle d’un vieillard à barbe et robe blanche, généralement perché au sommet d’une montagne ( laquelle ? mystère ) et entouré d’une cour de nuages.

Regaï, de la Cinquième Caste également, est l’épouse d’Anthu ; c’est la déesse du Soleil et de la Lune ( la tradition agamie ne fait aucune différence entre les deux, mais les considère comme une seule et même Lampe dont l’éclat varie périodiquement ). Elle est représentée comme une grande dame au manteau couleur de ciel étoilé.

Thaïa, de la quatrième Caste ( celle des politiciens ), est la déesse de l’Intelligence ( et de la ruse, comme de juste en politique ). Son casque, évoquant les antennes de la compréhension, est celui qu’ont porté les Empereurs agamis des siècles durant.

Ergaï, son fils, de la quatrième caste également, est le dieu de la Politique ( et des magouilles ).

Morak, de la troisième Caste ( celle des guerriers ), est la déesse aveugle des guerriers morts au combat. Du moins originellement, car, le royaume Famur n’ayant pas eu d’ennemi pendant des siècles, elle a dû, pour ne pas se retrouver au chômage, y rajouter tous les décédés morts pendant l’exercice de leurs fonctions. A la fin de l’ère mythologique, même un fonctionnaire terrassé par une surcharge de paperasserie pouvait avoir un enterrement sous la bénédiction de Morak.

Kastyas, de la troisième Caste, fils de Morak, est originellement le dieu de la guerre et des soldats. Pour les mêmes raisons, il est ensuite devenu dieu de la Police, quand elle servait à quelque chose, c’est-à-dire rarement. Mais comme ce n’était pas le plus intelligent de tous les dieux, ce n’était pas une grande perte.

Dautha, de la deuxième Caste ( celle des marchands ), est le dieu du Commerce et de toutes les transactions plus ou moins honnêtes. Les marins, quoique hors-caste, se sont également réclamés de sa juridiction.

Naur, de la deuxième Caste, sa fille, est la déesse de l’Artisanat. Son peu ragoûtant emblème est, bien sûr, l’araignée et ses toiles finement ouvragées. Pour des raisons inconnues, elle a toujours une quenouille à la main.

Rayu, de la première Caste ( celle des paysans ), est le dieu de la terre, des plantes et des animaux. Aîné des enfants d’Anthu et Regaï, il est représenté comme un vieillard en grande robe brune simple, tenant en guise de bâton un arbre vivant.

Enfin, Pali, de la première caste, est la fille de Rayu et la plus jeune des divinités. Elle est la déesse des saisons, celle dont les chagrins d’amour règlent l’alternance de l’hiver et de l’été. On la représente comme une jeune fille portant un manteau blanc qui lui recouvre un seul côté, par-dessus une robe noire ( elle est en deuil la moitié de l’année, et même l’été, quand elle y renonce, sa tristesse est toujours présente ).

 

Pour ce qui est de la cosmogonie famure, elle commence ainsi :

Au commencement était Anthu, le Plus Grand, l’Unique, pénétré de sa surpuissance, qui s’ennuyait ferme. Il créa donc Noyar, le Monde, et Regaï, la Lampe qui l’éclaire pour permette qu’il vive. Tous deux n’étaient au départ qu’objets inanimés, car le besoin ne se faisait pas sentir qu’ils vivent ; mais voyant Regaï, Anthu la trouva si belle et si bonne qu’il la doua du souffle de vie, faisant d’elle une Déesse presque à son égal, et l’épousa. D’eux deux naquit Rayu, Celui qui Marche sur la Terre. Alors qu’Anthu et Regaï se délectaient dans la contemplation du monde, si beau de loin avec ses nuages, ses rivières et ses montagnes, Rayu, le premier, éprouva le besoin d’aller y voir de près. Il alla donc visiter le monde, et le trouva bien vide et bien mort. A son retour, il fit part de ses observations au Créateur, qui chaussa ses lunettes, examina la surface de la terre et trouva que son fils avait raison. Il créa donc toute une pléthore de plantes et d’animaux qui mirent la vie dans le monde. Rayu fut très satisfait, et il tomba même amoureux de la nature et ne voulut plus la quitter. Cependant, Anthu, lui, trouvait qu’il y manquait encore quelque chose : un être intelligent qui pourrait L’adorer et L’honorer et s’émerveiller de toutes les choses qu’Il avait créées. Sans cet être, le monde n’avait guère d’utilité. Anthu se rendit donc sur les bords de la mer d’Agam, et là, d’un peu de sable et d’eau de mer, il façonna l’homme, puis la femme un peu après ( comme vous le savez, les mythologies sont souvent un peu machistes sur les bords ). Une fois les hommes créés, Anthu les dota de l’intelligence et de l’habileté pour se sortir d’affaire dans le monde ; mais comme ils étaient encore dans l’enfance de leur race, il leur envoya également ses enfants derniers-nés, Thaïa, Morak et Dautha, ainsi que leur frère aîné Rayu, pour les instruire et leur servir de chefs dans un premiers temps. Chacun des quatre dieux choisit un groupe d’hommes à mener, et les guidèrent selon leurs divines personnalités respectives ; et ainsi naquirent les Castes. Restaient quelques hommes isolés, qui avaient été oubliés dans le choix et se retrouvaient donc seuls ; ému devant leur détresse, Anthu lui-même condescendit à venir sur terre pour les guider. Ainsi devinrent-ils les meilleurs des hommes, la cinquième Caste.

 

Les enfants d’Anthu aimaient tant les hommes que chacun, dans le groupe qu’il menait, se choisit une épouse ou un époux humain. Ainsi vinrent au monde les plus jeunes dieux : de Thaïa naquit le rusé Ergaï, Morak fut la mère du courageux ( voire téméraire ) Kastyas, Dautha le père de Naur la diligente, et Rayu engendra la jeune Pali. Mais le temps passait, et bientôt, les bien-aimés des dieux moururent ; car Anthu, pour éviter qu’ils ne se croient un jour supérieurs à lui, avait pris soin de créer les hommes mortels. Quand ils le découvrirent, le chagrin des dieux cadets fut immense ; mais ils n’osaient pas contester la volonté de leur Père, et continuèrent à mener les hommes en se résignant à les voir disparaître les uns après les autres.

 

            Regaï était très enthousiasmée par le monde ainsi créé ; elle l’aimait tellement qu’elle passait son temps à tourner autour pour le voir en entier, et ce faisant, sa joie était si forte qu’elle en brillait d’une lueur aveuglante. A tel point que Morak, qui, de tous les dieux, aimait le plus regarder le ciel, en eut les yeux définitivement brûlés, et que depuis, elle moissonne à l’aveuglette dans les rangs des vaillants guerriers. Voyant la cécité de sa mère, Kastyas, furieux, ordonna à Regaï de s’éteindre ; mais la déesse refusa, car ç’aurait été sa mort. Le conflit s’envenima, et, voyant qu’on allait en venir aux mains, ce qui aurait été fort ennuyeux pour l’avenir du monde, Anthu prit les choses en main et décréta un compromis. Désormais, Regaï laisserait éclater sa joie la moitié du temps, et ce serait le jour ; mais l’autre moitié du temps, elle atténuerait son éclat pour consoler Morak, et ce serait la nuit. L’équilibre, comme vous l’avez remarqué, perdure encore aujourd’hui.

            Au début, Regaï eut quelque mal à accepter cet état de fait, et elle versa des larmes qu’Anthu recueillit précieusement et changea en étoiles. Voyant comme elles étaient belles, Regaï se consola ; elle les cousit dans son manteau, le ciel, et passa désormais ses nuits à contempler la poésie de la voûte étoilée.

 

            Prenant ce temps, l’ingénue Pali était tombée amoureuse d’un jeune berger de sa caste, un dénommé Kar. Les dieux aînés avaient déjà assez de maturité pour se résigner à la prrte des mortels qu’ils aimaient ; mais Pali était encore très jeune, et quand Kar mourut à la guerre, elle en fut si désespérée qu’elle décida de porter le deuil pour l’éternité. Dès lors, la nature se mit à dépérir dans un hiver perpétuel. Voyant l’urgence de la situation, Rayu s’interposa et réussit à convaincre sa fille de ne pas faire passer sa tristesse avant le monde ; mais il ne put pas la décider à abandonner complètement le deuil. Depuis, Pali porte donc le deuil la moitié du temps, en hiver ; mais l’autre moitié, elle accepte de laisser la nature se remettre quelque peu, le temps que reverdisse la nature, et que Kar puisse renaître un peu, en tant que le saule en lequel Rayu l’a changé pour consoler sa fille.

 
 

            La mythologie agamie comprend, bien sûr, d’autres légendes, mettant en jeu des héros humains ou des demi-dieux secondaires ; et les Famurs notamment avaient toujours soin de pratiquer un grand nombre de rites divers pour plaire à leurs dieux respectifs ( par exemple, les paysans ne manquaient jamais de faire des offrandes à Pali pour l’aider à se consoler et s’assurer que l’été viendrait ).

 

            En Mintrallina Sud, où la culture agamie s’est également perpétuée, la mythologie a été très vite abandonnée, comme un ensemble de traditions rétrogrades que les révolutionnaires qui fondèrent les premières colonies sud-mintralles se dépêchèrent de faire disparaître. Cependant, le culte d’Anthu comme Dieu unique n’a jamais pu entièrement disparaître, et sa religion est encore très active aujourd’hui en Mintrallina Sud, alors qu’elle a complètement disparu dans les îles Famur. Il est connu que les Famurs ont des choses plus sérieuses à faire.

A noter que la mythologie agamie a également influencé les représentations culturelles du peuple marien, même si celui-ci a toujours conservé son culte monothéiste originel ; et elle a fdonc laissé des traces dans la culture et la langue caramènes, à commencer par le mot signifiant "soleil", siriya, qui vient directement de céa Rigia, "fleur de Regaï" en marien.

Mercredi 7 décembre 2005

La civilisation elmarique est née dans le Pridon ( une petite région verdoyante entourée de hautes montagnes pratiquement infranchissables, au cœur de Mintrallina Sud ), près de six mille ans avant Alima. Les ancêtres des Elmars étaient, à cette époque, un petit peuple néolithique de cueilleurs-éleveurs, issu de la première vague de peuplement en Mintrallina venue du nord de Dévaris. L’aventure d’Albaren Ley avec les amulettes Aía et Teu a définitivement changé le destin de cette petite population tranquille, en en faisant les premiers êtres humains dotés de pouvoirs magiques ( d’Alima ). Jusqu’à l’invasion keronie, au seizième siècle avant Alima, les Pridoniens, s’étant rebaptisés Elmars ( « ceux qui sont doués du Pouvoir » ) mènent dans le Pridon une vie paisible, développent une écriture indépendante de celles inventées en Dévaris et chez les Aevins, commencent à bâtir des cités, en bref à se préparer au jour où ils devront, comme l’a dit la Révélation d’Albaren, libérer Alima sur la planète.

 

En -1510, les explorateurs keronis découvrent le Pridon et sont stupéfaits de rencontrer ces gens doués de pouvoirs incroyables. Sans doute sous l’impulsion de quelque prêtre persuadé que c’est là affaire diabolique, et sans doute aussi du fait de l’attrait des verts pâturages et des montagnes d’or du Pridon, ils rassemblent une armée et se lancent à la conquête du pays. Les Pridoniens, qui ne savent même pas ce que c’est que la guerre, sont massacrés avant d’avoir trouvé un moyen de se défendre. Seule une petite minorité parvient à fuir tandis que les Keronis prennent possession du Pridon, et qu’Asmaren Ley, le roi du moment, réussit à jeter un sort qui enferme à jamais les envahisseurs dans le pays qu’ils ont envahi. ( Aux dernières nouvelles, ils y sont toujours, prisonniers à jamais des montagnes encerclantes ). Dans le chaos de la guerre, les rares survivants  se scindent en deux groupes :

 

- Les Elmars d’Elmarie : ce sont ceux qui, sous la conduite d’Asmaren Ley, ont réussi à quitter le Pridon, fuir vers le Nord et traverser les monts de la Frontière. Grâce aux multiples avantages de ce nouveau territoire, possédant des mines de cristal de lune, des terres riches, des frontières facilement défendables et une ouverture sur les deux océans, la civilisation elmarique peut rapidement, avec ses pouvoirs magiques, devenir en secret la plus brillante des cultures limmaraíennes. Les quatre cités, Leal-Ada, Reana, Allerel et Leal-Enda, avec toutes leurs merveilles, sont bâties ; on découvre les propriétés magiques du cristal de lune et on se met à étudier sérieusement les mécanismes d’Alima. On découvre le pays du Mi-Chemin et quelques-unes de ses destinations, on écrit des traités de magie appliquée, on invente moult objets magiques facilitant la vie. Au bout d’un moment, les rois d’Elmarie, siégeant à Leal-Enda, commencent à constituer leur réseau d’information planétaire, en envoyant des espions dans toutes les civilisations existantes, pour se préparer au jour où Alima pourra être libérée. Lorsque ce jour vient enfin, la Reine Lanuri-Lella peut déployer tout son arsenal magique à l’échelle de la planète entière, et combattre son frère renégat Engwar dans ce qui restera à jamais « les guerres de l’Astramène » dans les chroniques. Au cours de ces guerres, Engwar est tué, Leal-Enda détruite, et Alima libérée. Les Elmars, parvenus à l’apogée de leur civilisation, prennent alors tristement conscience que l’Histoire du Monde peut à présent véritablement commencer, mais que leur rôle à eux est terminé. Commence alors le déclin du royaume d’Elmarie.

 

Aujourd’hui, en lieu et place de l’Elmarie se situe le royaume de Rêvie, toujours gouverné par les descendants de Lanuri-Lella depuis le Castel des Astres, entre Leal-Ada et Reana. Mais ses habitants ne sont plus exclusivement des Elmars : on y trouve aussi une importante proportion de personnes ordinaires, non-magiciennes, dont les familles ont émigré sur les lieux après l’Explosion. Néanmoins, la Rêvie reste, avec Carami et l’île de la Lune, un des trois points du triangle magique limmaraíen.

 

- Les Nimites : Lors de l’invasion keronie du Pridon, un petit groupe de survivants se sépara par mégarde du roi Asmaren, et, au lieu de le suivre vers le Nord, s’enfuit vers l’est à la recherche d’une terre hospitalière. Arrivés au bord de l’océan Harid, ces Elmars perdus construisirent des bateaux de fortune et commencèrent de longues années d’errance sur mer, jusqu’à atteindre l’île de la Lune, petite île tropicale au beau milieu de l’Océan. Ils s’y installèrent et commencèrent à y mener une vie paisible et tranquille. Ils ne bâtirent pas de grande civilisation, se contentant de vivre dans des huttes sommaires et de se nourrir de pêche et de cueillette des fruits locaux, utilisant leurs pouvoirs magiques à de petites opérations de la vie quotidienne et développant une grande maîtrise magique des éléments naturels ; ils abandonnèrent leur écriture, perdirent toute notion d’Histoire et oublièrent leur passé. Pendant plus de mille cinq cents ans, ce fut sans doute le peuple le plus heureux de la planète.

En -2, le hasard amena les Nimites ( ainsi qu’on les nomme d’après mé Lur ma ni-m’i, « l’île de la Lune » dans leur langue ) à rencontrer des Elmars d’Elmarie, qui furent abasourdis de découvrir qu’ils n’étaient pas les seuls humains au monde à disposer d’Alima. Certains se méfièrent, mais Lanuri-Lella, reine d’Elmarie, voyant le don qu’avait ce peuple à manier les éléments naturels, eut une idée révolutionnaire. Après les guerres de l’Astramène, elle passa des années à enchanter des morceaux de cristal de lune soigneusement taillés, et dont chacun contrôlerait une ligne d’un Réseau planétaire de contrôle des éléments. En confiant chaque Pierre à un homme ou une femme qui serait en harmonie avec elle, on pourrait ainsi empêcher la plupart des catastrophes naturelles, jusque-là assez fréquentes sur Limmaraía. Ainsi fut fait. De nos jours, l’Institution est naturellement basée sur l’île de la Lune, où vivent les Serviteurs des Pierres, qui sont choisis par leurs Pierres n’importe où sur la Planète, qu’ils soient Magiciens ou pas. ( On a même un cas où une Bolga, fille du grand sorcier Inzafar Or-Rouge, se retrouva servante d’une des trois pierres maîtresses ). Les trois pierres maîtresses ( de Jour, de Nuit et de Demi-Jour ) sont toujours possédées par des femmes, qui prennent traditionnellement le nom d’Astaril, Aminan et Myréo.


Dimanche 13 novembre 2005

On appelle « keronis » tout un ensemble de peuples à la peau claire et aux cheveux blonds, à la culture patriarcale et guerrière fondée sur les lois de l’honneur et des conquêtes, qui vivaient en Dévaris du sud-ouest quelque deux mille ans avant Alima. En raison de son appétit de conquêtes, cette culture est sans doute celle qui a conquis la plus grande étendue territoriale. Elle s’est donc, naturellement, séparée en divers peuples un peu partout sur la planète.

 

- Armons : C’était à l’origine un petit peuple de culture keronie vivant tout autour du golfe d’Armon, là où fut fondée la cité du même nom, qui devait connaître une destinée impressionnante. Depuis cette base, les Armons, usant d’une technique guerrière à toute épreuve, eurent tôt fait de soumettre leurs voisins, de conquérir de nouvelles terres, jusqu’à dominer enfin toutes les parties de Dévaris qui n’étaient pas occupées par l’Empire de Scrada. Pendant la guerre armono-scrade, les habitants des provinces conquises durent payer de lourds tributs en matière de soldats et d’impôts ; l’empire était presque omniprésent dans tous les territoires .Une fois la paix signée, la présence diminua notablement : Armon n’était guère du genre à établir une domination culturelle, et se contentait de ramasser des impôts périodiques tout en garantissant aux habvitants la protection de l’armée impériale en cas de guerre de tribus. ( Dans les provinces les plus reculées, comme les contrées Mariennes, on pouvait avoir une collecte d’impôt tous les cinquante ans. ) A Armon même, le caractère dominant de la cité, son statut de port ( les Armons furent longtemps les meilleurs des navigateurs ) et son climat favorable en avait fait la véritable capitale du monde connu d’alors ( la seule cité qui aurait pu lui servir de rivale était Baral, capitale de l’Empire Scrade, mais étant située au niveau du cercle polaire, elle n’intéressait pas grand-monde ). A l’époque de l’apogée de l’Empire, à Armon aboutissaient toutes les marchandises venues de toutes les provinces de l’Empire, le blé des plaines alentour, le vin des provinces du sud, le bétail de Wardii, les soieries blusmites ; on trouvait sur les marchés à peu près tous les produits du monde connu, et mêm les Aevines s’y arrêtaient parfois. Les scientifiques y étaient également nombreux, rassemblés dans quatre Instituts sous contrôle impérial ; c’étaient essentiellement des astronomes et des géographes avides de savoir comment le monde était fait et comment Armon pourrait par la suite le dominer. L’Empereur, héréditaire, disposait a priori du pouvoir absolu, mais on a vu que les provinces se débrouillaient très bien toutes seules, et son pouvoir effectif se limitait à la plaine d’Armonée ( qui restait tout de même un vaste territoire ). Il était entouré de tout un corps de fonctionnaires et d’une administration brillante qui n’avait pas son pareil pour casser les pieds des citoyens.

Aujourd’hui, Armon, capitale de la République d’Armonée, a largement perdu de sa splendeur, même si on y trouve encore des ruines superbes datant de l’époque impériale ; le pouvoir central en Dévaris du sud-ouest a été trasféré sur la cité-État de Daber, qui possède une Itellio. Mais l’Empire a eu un rôle non négligeable dans l’unification de la région.

 

 - Nord-Mintrals : Les Vandors étaient un peuple keroni du sud-est de Dévaris, culture guerrière et semi-nomade vivant essentiellement de pillages chez les voisins plus civilisés. Il arrivait même que des expéditions maritimes, sur un genre de drakkar effilé et rapide, poussent jusqu’en Dévaris du Nord, vers les frontières des Scrades, pour y mener leur commerce unilatéral. C’est au cours de cette expédition que quelques navires chargés à ras bord de guerriers vandors furent égarés dans une tempête et aboutirent sur la côte ouest du continent qui s’appelle, depuis, Mintrallina Nord. Car nos explorateurs ne tardèrent pas à s’apercevoir qu’ils avaient découvert un nouveau monde ; ils le baptisèrent Mintrallina, la nouvelle terre, y établirent un camp et s’empressèrent de renvoyer un messager en Vandorie pour annoncer qu’il y avait là tout un monde à coloniser. Ainsi commença l’invasion du continent nord-mintral. Les populations andries qui occupaient les lieux furent massacrées sans ménagement pour laisser la place aux nouveaux arrivants, et les Vandors s’installèrent en plusieurs lieux du continent. Ceux qui allèrent le plus au Nord, dans les steppes de la région du Grand Fleuve Gelé, restèrent nomades et se mêlèrent aux tribus nordiques locales. Près du grand lac Pendalon fut construite la cité-royaume de Pendaël, qui prospéra longtemps du commerce entre les nomades des steppes, ceux du désert de Jamin et les populations du sud, avant d’être entièrement rasée lors de la bataille du lac Pendalon, qui opposa les Wostans à la Confédération fluviale du sud. Dans les monts de Wostania s’installèrent les diverses tribus des Wostans, qu’on a longtemps qualifiés de « barbares » alors que c’était juste une civilisation un peu portée sur la bagarre ( certes, on a bien déploré quelques sacrifices humains aux dieux guerriers, dans les premiers temps, mais qui n’a pas ses défauts ? ) Dans le Sud, un paterfamilias quelconque construisit la Fortification Extérieure, gigantesque monument s’étendant sur des centaines de kilomètes et destiné à protéger le sud des attaques des nomades et des barbares wostans. En échange de la protection de la Fortification, il fut nommé Roi des Vassanides et Protecteur de la confédération fluviale que formaient, autour des deux grands fleuves Pagane et Arknod, les royaumes féodaux des Vassanides, de Rivedal, de Nederine et d’Esdanie. Alors qu’au nord la civilisation en resta à un point assez sommaire, au sud de la Fortification Extérieure on observa la naissance d’une culture centrée sur le féodalisme ( tous les seigneurs étaient vassaux de leurs rois respectifs, lesquels étaient sous le commandement du Roi des Vassanides, mais chacun faisait la loi sur ses propres terres ), les lois de l’honneur et de la chevalerie, et accessoirement une agriculture assez florissante. Parmi les ménestrels qui à l’époque faisaient le tour des châteaux pour distraire les seigneurs illettrés, le seul dont on ait retenu le nom est Ysilbert de Garm, auteur renommé de la Ballade de la magicienne endormie ( laquelle n’est autre que Dame Siranévina Mano ), mais il y en avait sans doute pléthore. Par la suite, un des quatre royaumes, l’Esdanie ou Istagne, sembla prendre une importance prépondérante ; à la suite d’une politique assez impérialiste, la place de chef de la Confédération revint au roi d’Istagne, qui se fit appeler Empereur, et le roi des Vassanides redevint simple seigneur local. L’expansion de l’Empire d’Istagne se fit dans toutes les directions, au point de menacer la Rêvie aux alentours du onzième siècle après Alima. Par la suite, en raison de fortes dissensions internes et d’attaques wostanes, il vola en éclats pour laisser place à divers petits États. Aujourd’hui, les Nord-Mintrals ne sont pas un peuple qui fait beaucoup de remous dans l’actualité internationale ; Alima dans la région est calme et pacifique, de même que les relations entre nomades et sédentaires.

 
- Cardames :
 

Khard ou Gardon était un roi Wostan qui eut des ennuis avec ses voisins, au point de se faire chasser de son territoire dans les monts de Wostania. Au lieu d’aller chercher une terre d’exil à l’ouest, où les relations avec la Confédération étaient plutôt houleuses, ses deux fils, les Khardoms Nesdor et Fornen, se décidèrent à partir vers l’est, en traversant la mer que l’on appelle aujourd’hui la mer de Manidie. Il n’y avait personne sur les lieux, une immense plaine fertile et déserte, si ce n’est un petit peuple andri, les Mengaliens, que l’on négligea allègrement. Nesdor établit sa colonie à l’embouchure du fleuve Traincombs, et l’appela Manygdo, « le port de Mané » ( sa femme ), pendant que son frère Fornen se dirigeait vers l’intérieur de la plaine pour fonder Fornyda « la ville de Fornen » ( il avait le sens de la diplomatie moins aigu que celui de son frère, ou alors il n’était pas marié ). Ainsi se constituèrent les deux royaumes cardames, la Manidie et la Médilore ( qui ne tarda pas à annexer les Mengaliens comme si de rien n’était ). Longtemps, la culture cardame resta de tradition féodale, coutume keronie ; mais vers l’an 14, l’installation, dans les montagnes qui bordent la Cardamie à l’est, d’un peuple venu du désert de Jamin, les Sumadiens, modifia complètement la civilisation de la plaine par la suite du brassage culturel. L’Alliance sumado-cardame, comme on l’appela à une époque, ne tarda pas à entrer en guerre avec ses voisins d’outre-mer wostans ; le conflit le plus fameux fut la Première Guerre, qui vit l’indépendance des Mengaliens vis-à-vis de la Médilore et la fondation de la cité de Mangala ( qui, trois cents ans plus tard, allait entrer dans une guerre acharnée autant que stupide avec la Médilore ). Comme les Wostans dans leurs montagnes barraient le chemin de l’ouest, les Cardames, comme les Mengaliens et les Sumadiens, sont restés pendant presque deux millénaires dans un isolement total ; seulement maintenant, ils commencent à s’ouvrir quelque peu au monde, ce qui est difficile car leur civilisation est encore quelque peu moyenâgeuse. Voir la troisième partie de cette encyclopédie, « la Sumadie et les terres cardames », pour de plus amples informations.

 
- Mariens et Caramènes :
 

Pour être d’origine keronie, le petit peuple de paysans qui a longtemps vécu dans les Contrées Mariennes, à l’extrême sud de Dévaris, n’en a pas moins une importante part de culture agamie : les Contrées Mariennes ont longtemps été sous la domination de l’Empire d’Agam, qui a transmis aux Mariens sa langue et quelques-unes de ses coutumes, et même quelques traits physiques ( les Mariens avaient la peau et les yeux clairs, comme les autres peuples keronis, mais généralement les cheveux noirs et non blonds ). Le seul et unique événement de l’histoire marienne, mais de taille, est leur Exode : sur ordre de l’Empereur de Nil-Armon, qui avait pris possession du pays, ils furent obligés de quitter leurs terres pour pertir à la recherche de nouveaux pays à coloniser pour le compte de l’Empire. C’est donc ce qu’ils firent, mais au moment où ils abordèrent sur la péninsule de Carami, ils décidèrent que l’Empereur pouvait aller au diable et que Carami serait un Pays Indépendant. C’est aujourd’hui le royaume de Mazya-Caramina, dont une bonne part de la population est encore aujourd’hui d’origine marienne, et qui est par ailleurs le centre de la Magie sur la planète : l’Exode marien ayant coïncidé ( en lieu et en temps, et par le plus grand des hasards ) avec les guerres de l’Astramène et l’explosion d’Alima, les Caramènes sont aujourd’hui les dignes héritiers des Elmars d’autrefois dans la direction des affaires magiques mondiales.

( Voir aussi : quelques racines keronies dans la partie "langue". )
Vendredi 28 octobre 2005
La civilisation agamie a été la première grande culture à se développer en Dévaris, plus de mille ans avant Alima. Très tôt donc, un Empire Agami est né sur les bords de la mer d’Agam, entre les déserts de Blusm et les forêts environnantes. Sa mythologie polythéiste est la première connue, et ses philosophes, ses écrivains et ses mathématiciens ont été les premiers connus, de même que ses explorateurs ( comme le fameux Phaïm ) ont été les premiers à s’aventurer vers d’autres terres.  En -750, l’empire Agami a conquis les Contrées Mariennes, transmettant aux Mariens l’usage de la langue agamie, qui est donc l’ancêtre du caramène.
Très tôt, la société agamie a été organisée en cinq castes nettement séparées : l’élite noble ( dont l’Empereur ), les politiciens, les guerriers, les commerçants ou artisans, et les paysans. La hiérarchie a toujours été très nette entre hautes et basses castes, et les mariages mixtes étaient bien sûr interdits.
 
Les ancêtres des Agamis sont sans doute les premiers humains terrestres à avoir utilisé l’écriture, sans doute inspirée d’un modèle aevin primitif. L’écriture agamie fonctionne par idéogrammes ( chaque signe représente un  mot ). La langue écrite ne ressemble guère à la langue orale, car elle supprime toutes flexions, déclinaisons et conjugaisons ( elle parle petit-nègre, pourrait-on dire ) dont la langue orale abonde. Certains caractères ont acquis tardivement une valeur de signes alphabétiques, mais ils ne sont utilisés que pour épeler les noms propres qui n’appartiennent pas au fonds culturel commun.
 
L’Empire Agami a pris fin à l’époque de l’Exode, quand ses territoires ont été envahis par les Scrades et les Armonites et que les Agamis ont été réduits à la fuite. Aujourd’hui, la civilisation agamie se perpétue en trois endroits :
 
 - Mintrallina Sud : la presque totalité du continent sud-mintral est occupée par les descendants des Agamis démocrates qui se sont révoltés au cours de l’exode. De ce fait, la République y a été fondée très tôt, et aujourd’hui encore les Sud-Mintrals, organisés en divers états indépendants sur tout le continent ( sauf bien sûr dans le Pridon ), sont profondément républicains. Les partis de gauche y alternent régulièrement avec les partis de droite ( dans certains états, la constitution les oblige même à se succéder à tour de rôle ), lesquels ont inventé, il y a plus de mille cinq cents ans, la finance et les opérations boursières avec l’argent comme donnée abstraite créée au besoin. Cette pratique s’est répandue en divers lieux de la planète, notamment à l’occasion de la colonisation de Blusm, mais c’est encore en Mintrallina Sud que se trouve le noyau principal.
 
- les îles Famur : les Famurs sont les descendants des Agamis qui, pendant l’exode, sont restés fidèles à l’Impératrice. Pour des raisons mystérieuses, la civilisation famure a toujours été la plus inventive de la planète, et à peu près toutes les innovations techniques viennent de cet archipel : l’arbalète ( d’abord utilisée dans le combat contre les ompasques, puis pour des buts moins avouables ), la poudre à canon, l’électricité, les voyages dans l’espace... Aujourd’hui, les Famurs ont aboli le système de castes ( qui s’est longtemps maintenu, mais est devenu idiot quand il s’est avéré que les industriels et les inventeurs se retrouvaient hors-caste ), ont asséché les marais, rasé les forêts, complètement urbanisé l’archipel ( seules deux grandes îles sont encore réservées à l’agriculture intensive ) et vivent dans une civilisation assez futuriste. Ils pratiquent couramment le voyage interplanétaire et ont des contacts réguliers avec les Kréanens, habitants de la planète voisine. Quoique reliés par Ellio au reste de la planète, ils ne se préoccupent absolument pas de la magie, qu’ils trouvent rétrograde, et lui préfèrent largement la technique. Ils ont actuellement des problèmes avec leur écriture, un ensemble de pictogrammes peu adapté à l’informatisation, mais une équipe d’ingénieurs est en train de travailler sur le problème.
 
- Blusm : En l’an 415 ( 35.IV ) du décistiami, les États fédérés de Mintrallina Sud ont monté une opération de colonisation pour récupérer les terres ancestrales de l’Empire, autour de la mer d’Agam. Après avoir convaincu plus ou moins pacifiquement les autochtones de leur laisser la place, des Agamis occupent donc actuellement l’état de Blusm. L’État a à présent acquis son indépendance par rapport à Mintrallina Sud, mais les autres puissances agamies ont quelque tendance à s’en servir comme d’un cheval de Troie pour pénétrer l’économie et la diplomatie diversiennes. Il est donc d’usage de dire que les Blusmites s’agitent beaucoup, mais, les voisins ayant déjà depuis longtemps compris le truc, sans grand succès. 
 
 
 
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