Généralités Histoire Civilisations Lexique   Langues   Dictionnaire des noms propres      

  

AccueilIndexIdentitéMa voisine

 

 

 Curieux de savoir quelle est la capitale de la Rhéodie, qui fut le dernier Empereur de Nil-Armon, ou comment on dit "ratatouille" en caramène, en elmarique ou en sumadien ? Ou simplement envie de me dire quelque chose ? Le Carame est là pour vous aider à me contacter :

  

 

Samedi 1 juillet 2006

Voir également : la civilisation agamie


Pendant tout le temps qu'a duré leur Empire en Dévaris, la religion polythéiste des Agamis a joué un grand rôle dans leur vie, étant au centre de l'organisation politique et sociale. Plus tard, leurs descendants dans les îles Famur ont perdu cette foi fondamentale en les dieux mais ont gardé un respect formel strict des rites pendant plusieurs siècles ; en fait, plus ou moins jusqu'au moment où le développement scientifique rapide a rendu caduque l'idée que le Soleil puisse être une déesse passant son temps libre à tourner autour de la terre.

            La mythologie agamie, puis famure, présente cette particularité qu’elle est complètement intégrée au système de castes ( qui remonte à la plus haute antiquité ). Chaque caste a ses dieux particuliers ; les prêtres ne forment pas une caste à part, mais sont intégrés à l’intérieur de chaque ; il est interdit à un fidèle d’honorer les dieux d’une caste supérieure ( il n’en est pas digne ) et personne ne s’abaisserait à rendre un culte à ceux de caste inférieure.

 
Il existe dix Dieux principaux, soit deux par caste, organisés comme de juste en une généalogie à la limite de l’inceste ( on sait que ce n’est pas ce genre de détail qui gêne les divinités ). Les voici :


Anthu est le Père Céleste, le Dieu Créateur du monde, des hommes et des autres dieux. Il est le dieu du Ciel, et, naturellement, celui de la Cinquième Caste ( l’élite suprême et la noblesse ). Sa représentation est celle d’un vieillard à barbe et robe blanche, généralement perché au sommet d’une montagne ( laquelle ? mystère ) et entouré d’une cour de nuages.

Regaï, de la Cinquième Caste également, est l’épouse d’Anthu ; c’est la déesse du Soleil et de la Lune ( la tradition agamie ne fait aucune différence entre les deux, mais les considère comme une seule et même Lampe dont l’éclat varie périodiquement ). Elle est représentée comme une grande dame au manteau couleur de ciel étoilé.

Thaïa, de la quatrième Caste ( celle des politiciens ), est la déesse de l’Intelligence ( et de la ruse, comme de juste en politique ). Son casque, évoquant les antennes de la compréhension, est celui qu’ont porté les Empereurs agamis des siècles durant.

Ergaï, son fils, de la quatrième caste également, est le dieu de la Politique ( et des magouilles ).

Morak, de la troisième Caste ( celle des guerriers ), est la déesse aveugle des guerriers morts au combat. Du moins originellement, car, le royaume Famur n’ayant pas eu d’ennemi pendant des siècles, elle a dû, pour ne pas se retrouver au chômage, y rajouter tous les décédés morts pendant l’exercice de leurs fonctions. A la fin de l’ère mythologique, même un fonctionnaire terrassé par une surcharge de paperasserie pouvait avoir un enterrement sous la bénédiction de Morak.

Kastyas, de la troisième Caste, fils de Morak, est originellement le dieu de la guerre et des soldats. Pour les mêmes raisons, il est ensuite devenu dieu de la Police, quand elle servait à quelque chose, c’est-à-dire rarement. Mais comme ce n’était pas le plus intelligent de tous les dieux, ce n’était pas une grande perte.

Dautha, de la deuxième Caste ( celle des marchands ), est le dieu du Commerce et de toutes les transactions plus ou moins honnêtes. Les marins, quoique hors-caste, se sont également réclamés de sa juridiction.

Naur, de la deuxième Caste, sa fille, est la déesse de l’Artisanat. Son peu ragoûtant emblème est, bien sûr, l’araignée et ses toiles finement ouvragées. Pour des raisons inconnues, elle a toujours une quenouille à la main.

Rayu, de la première Caste ( celle des paysans ), est le dieu de la terre, des plantes et des animaux. Aîné des enfants d’Anthu et Regaï, il est représenté comme un vieillard en grande robe brune simple, tenant en guise de bâton un arbre vivant.

Enfin, Pali, de la première caste, est la fille de Rayu et la plus jeune des divinités. Elle est la déesse des saisons, celle dont les chagrins d’amour règlent l’alternance de l’hiver et de l’été. On la représente comme une jeune fille portant un manteau blanc qui lui recouvre un seul côté, par-dessus une robe noire ( elle est en deuil la moitié de l’année, et même l’été, quand elle y renonce, sa tristesse est toujours présente ).

 

Pour ce qui est de la cosmogonie famure, elle commence ainsi :

Au commencement était Anthu, le Plus Grand, l’Unique, pénétré de sa surpuissance, qui s’ennuyait ferme. Il créa donc Noyar, le Monde, et Regaï, la Lampe qui l’éclaire pour permette qu’il vive. Tous deux n’étaient au départ qu’objets inanimés, car le besoin ne se faisait pas sentir qu’ils vivent ; mais voyant Regaï, Anthu la trouva si belle et si bonne qu’il la doua du souffle de vie, faisant d’elle une Déesse presque à son égal, et l’épousa. D’eux deux naquit Rayu, Celui qui Marche sur la Terre. Alors qu’Anthu et Regaï se délectaient dans la contemplation du monde, si beau de loin avec ses nuages, ses rivières et ses montagnes, Rayu, le premier, éprouva le besoin d’aller y voir de près. Il alla donc visiter le monde, et le trouva bien vide et bien mort. A son retour, il fit part de ses observations au Créateur, qui chaussa ses lunettes, examina la surface de la terre et trouva que son fils avait raison. Il créa donc toute une pléthore de plantes et d’animaux qui mirent la vie dans le monde. Rayu fut très satisfait, et il tomba même amoureux de la nature et ne voulut plus la quitter. Cependant, Anthu, lui, trouvait qu’il y manquait encore quelque chose : un être intelligent qui pourrait L’adorer et L’honorer et s’émerveiller de toutes les choses qu’Il avait créées. Sans cet être, le monde n’avait guère d’utilité. Anthu se rendit donc sur les bords de la mer d’Agam, et là, d’un peu de sable et d’eau de mer, il façonna l’homme, puis la femme un peu après ( comme vous le savez, les mythologies sont souvent un peu machistes sur les bords ). Une fois les hommes créés, Anthu les dota de l’intelligence et de l’habileté pour se sortir d’affaire dans le monde ; mais comme ils étaient encore dans l’enfance de leur race, il leur envoya également ses enfants derniers-nés, Thaïa, Morak et Dautha, ainsi que leur frère aîné Rayu, pour les instruire et leur servir de chefs dans un premiers temps. Chacun des quatre dieux choisit un groupe d’hommes à mener, et les guidèrent selon leurs divines personnalités respectives ; et ainsi naquirent les Castes. Restaient quelques hommes isolés, qui avaient été oubliés dans le choix et se retrouvaient donc seuls ; ému devant leur détresse, Anthu lui-même condescendit à venir sur terre pour les guider. Ainsi devinrent-ils les meilleurs des hommes, la cinquième Caste.

 

Les enfants d’Anthu aimaient tant les hommes que chacun, dans le groupe qu’il menait, se choisit une épouse ou un époux humain. Ainsi vinrent au monde les plus jeunes dieux : de Thaïa naquit le rusé Ergaï, Morak fut la mère du courageux ( voire téméraire ) Kastyas, Dautha le père de Naur la diligente, et Rayu engendra la jeune Pali. Mais le temps passait, et bientôt, les bien-aimés des dieux moururent ; car Anthu, pour éviter qu’ils ne se croient un jour supérieurs à lui, avait pris soin de créer les hommes mortels. Quand ils le découvrirent, le chagrin des dieux cadets fut immense ; mais ils n’osaient pas contester la volonté de leur Père, et continuèrent à mener les hommes en se résignant à les voir disparaître les uns après les autres.

 

            Regaï était très enthousiasmée par le monde ainsi créé ; elle l’aimait tellement qu’elle passait son temps à tourner autour pour le voir en entier, et ce faisant, sa joie était si forte qu’elle en brillait d’une lueur aveuglante. A tel point que Morak, qui, de tous les dieux, aimait le plus regarder le ciel, en eut les yeux définitivement brûlés, et que depuis, elle moissonne à l’aveuglette dans les rangs des vaillants guerriers. Voyant la cécité de sa mère, Kastyas, furieux, ordonna à Regaï de s’éteindre ; mais la déesse refusa, car ç’aurait été sa mort. Le conflit s’envenima, et, voyant qu’on allait en venir aux mains, ce qui aurait été fort ennuyeux pour l’avenir du monde, Anthu prit les choses en main et décréta un compromis. Désormais, Regaï laisserait éclater sa joie la moitié du temps, et ce serait le jour ; mais l’autre moitié du temps, elle atténuerait son éclat pour consoler Morak, et ce serait la nuit. L’équilibre, comme vous l’avez remarqué, perdure encore aujourd’hui.

            Au début, Regaï eut quelque mal à accepter cet état de fait, et elle versa des larmes qu’Anthu recueillit précieusement et changea en étoiles. Voyant comme elles étaient belles, Regaï se consola ; elle les cousit dans son manteau, le ciel, et passa désormais ses nuits à contempler la poésie de la voûte étoilée.

 

            Prenant ce temps, l’ingénue Pali était tombée amoureuse d’un jeune berger de sa caste, un dénommé Kar. Les dieux aînés avaient déjà assez de maturité pour se résigner à la prrte des mortels qu’ils aimaient ; mais Pali était encore très jeune, et quand Kar mourut à la guerre, elle en fut si désespérée qu’elle décida de porter le deuil pour l’éternité. Dès lors, la nature se mit à dépérir dans un hiver perpétuel. Voyant l’urgence de la situation, Rayu s’interposa et réussit à convaincre sa fille de ne pas faire passer sa tristesse avant le monde ; mais il ne put pas la décider à abandonner complètement le deuil. Depuis, Pali porte donc le deuil la moitié du temps, en hiver ; mais l’autre moitié, elle accepte de laisser la nature se remettre quelque peu, le temps que reverdisse la nature, et que Kar puisse renaître un peu, en tant que le saule en lequel Rayu l’a changé pour consoler sa fille.

 
 

            La mythologie agamie comprend, bien sûr, d’autres légendes, mettant en jeu des héros humains ou des demi-dieux secondaires ; et les Famurs notamment avaient toujours soin de pratiquer un grand nombre de rites divers pour plaire à leurs dieux respectifs ( par exemple, les paysans ne manquaient jamais de faire des offrandes à Pali pour l’aider à se consoler et s’assurer que l’été viendrait ).

 

            En Mintrallina Sud, où la culture agamie s’est également perpétuée, la mythologie a été très vite abandonnée, comme un ensemble de traditions rétrogrades que les révolutionnaires qui fondèrent les premières colonies sud-mintralles se dépêchèrent de faire disparaître. Cependant, le culte d’Anthu comme Dieu unique n’a jamais pu entièrement disparaître, et sa religion est encore très active aujourd’hui en Mintrallina Sud, alors qu’elle a complètement disparu dans les îles Famur. Il est connu que les Famurs ont des choses plus sérieuses à faire.

A noter que la mythologie agamie a également influencé les représentations culturelles du peuple marien, même si celui-ci a toujours conservé son culte monothéiste originel ; et elle a fdonc laissé des traces dans la culture et la langue caramènes, à commencer par le mot signifiant "soleil", siriya, qui vient directement de céa Rigia, "fleur de Regaï" en marien.

par Alda publié dans : Civilisations
 
 
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus